#0[ Clique =) ].L'Héritage de Sylve

#0[ Clique =) ].L'Héritage de Sylve
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Sève est une adolescente qui n'a aucun ami, et ne cherche pas a en avoir.
Un jour, en se promenant non loin de chez elle, elle rencontre un garçon, Logan, auquel elle s'attache tout de suite.
En rentrant chez elle le soir, elle aperçoit ses parents morts, par terre. Ne pouvant garder ça pour elle, elle va retrouver Logan pour lui parler. Le jeune homme ne veut pas la laisser seule et la suit quand elle déclare vouloir passer la nuit dans la forêt. Un choix dangereux et irréversible...

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FINI ! Encore merci trois milliards de fois à tous... ah, je vais verser une petite larme je le sens...


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Choubidoux, les amis ! Bonne lecture =)
Je suis ici, ici (Merci pour la critique ! ^^), ici et ici... et j'ai été repérée ici, merci aussi pour la critique ! =)
Elle m'a mis mon 1000ème commentaire =)









13 février 1964 - 8 novembre 2009
P.B.









# Posté le jeudi 27 novembre 2008 12:32

Modifié le lundi 09 novembre 2009 15:47

Prévenus

Puisque chaque fois que je mets un nouvel article en ligne, je ne sais jamais qui je dois ou non prévenir, qui veut ou qui ne veut pas l'être... j'ai décidé de créer cet article, il vous suffit de me laisser un commentaire ici en me disant que vous voulez être prévenu pour l'être ! Voilà, c'est très simple !

Prévenus :

Sergent Spia
Patatortue
Emilie M.
Lisa
Courgette Nucléaire
<3 (PPQT)
Marie V.
Tlina
Riri la Grenouille
Pomme 13009
Bonheur Assassin
Emmanuelle
Lylia Ruhan
Akira
L-B
x3-lOve-stOriies
Epopée Littéraire
Fantastic Novel

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J'ai eu le malheur d'être taguée...(Je me vangerai Sergent !

7 choses sur moi

- Mon pouce est plus grand que mon gros orteil
- j'ai un péché mignon pour la vengeance (taraaaa ? xD)
- Je suis à la limite de devenir agoraphobe
- Je ne suis pas apopathodiaphulatophobique
- J'ai des lunettes inutiles, mais un peu utiles quand même
- Je connais l'air du vent (pocahontas) en japonaiiiiis =)
- Je suis allergique au poils de chats

7 choses que j'aime

- Ecrire, lire, prendre des photos...
- Le vent (à condition d'avoir les cheveux attachés xD)
- Avoir raison =D
- M'identifier aux héros fantastiques
- M'habiller pas comme les autres ^^
- Ne rien faire, perdue dans mes pensées, à l'aise...
- Chanter quand il n'y a personne à la maison (ah les pauvres voisins^^)

7 choses que je déteste

- Les gens artificiels, qui prennent des poses (quelles qu'elles soient) dans les lieux publics.
- Rater le bus (le train encore plus en fait ^^)
- Remplir ce truc débile que j'ai déjà rempli une fois mais que j'ai tout perdu T_T
- Avoir l'impression d'avoir oublié quelque chose
- Les sourires colgate, alors que j'ai mes plaquettes !
- Avoir trop chaud
- Rougir

7 choses que je dis souvent

- Super (d'un ton pas du tout intéressé)
- A tes souhaits
- La vie est dure (sous-entendu : quand on est une petite patate...)
- tsss
- héhéé
- J'ARRIIIIVE (tous les soirs, en réponse à ON MAAANGE)
- mmmmmmmmmmmmmmmmouais. (je suis une grande hésiteuse xD)

Mes 7 victimes

- Supia (vengeaaaaaaaaaance =D)
- Anne Podbrossili (désolée ^^ j'ai fait un effort pour pas mettre brocolis ! xD)
- Jardin-fleurs-pourpres
- Last Bullet (je sais que tu en as déjà pleins mais bon ...^^)
- je ne tague personne d'autre, c'est trop cruel !
- " " "
- " " "


Par Last Bullet, 7 fois... je crois que je vais juste faire 49 choses sur moi, et je laisse tomber le reste, parce que ça suffit hein !

1. Je pars aux USA cet été !
2. J'ai une boule verte qui chante des chansons de Noël
3. Qui chantait, elle marche plus
4. En fait si, mais par tout le temps
5. Je connais mon alphabet
6. J'ai trop chaud
7. J'ai deux étiquettes Snoopy
8. J'aime Snoopy
9. Mais j'aime encore plus Hello Kitty xD
10. J'en ai déjà marre
11. Je devrais écrire une autobiographie, au moins ça servirait
12. J'ai découvert un dessin animé
13. J'ai regardé les 2 premiers épisodes, c'est un vieux truc mais c'est chouette
14. Je bénis la petite brise fraîche qui vient par la fenêtre
15. Je vais te tuer, Last Bullet (comment que tu t'appelles déjà ? xD)
16. J'ai une bonne nouvelle
17. Je sais au moins compter jusqu'à 17
18. J'ai une mauvaise nouvelle...
19. Je sais aussi compter jusqu'à 49, malheureusement
20. Mes écouteurs sont cassés
21. On va en acheter des nouveaux aux USA parce que c'est moins cher
22. J'ai une meilleure mémoire grâce à Dr Kawashima
23. Ca fait longtemps que je lui ai pas rendu visite, il doit se faire du soucis
24. Je prononce ça "vierentwintig"
25. J'ai dépassé la moitiéééééééééééééééééééé
26. J'ai du vernis transparent
27. La pub TGV--europe, bxl-avignon en 4h18 m'énerve au plus au point
28. J'aimerais me teindre les cheveux en noir
29. Ou en rouge
30. Ou en bleu
31. Ou en mauve
32. Mes copines se sont évanouies quand je leur ai dit ça
33. TRENTE-TROIIIIIIIIS vive les 33 !! (il est normal de ne pas comprendre...)
34. Je crois que je vais opter pour le noir, mais de toute façon je dois attendre d'être majeure...
35. Mais le noir attire la chaleur
36. Décision : j'irai vivre au Québec. Ca c'est bien
37. J'ai mal à ma caniene inférieure gauche
38. Saleté d'appareil
39. Je suis pieds nus
40. J'implore le vent de revenir
41. Je réfléchis (oui ça m'arrive)
42. Mon furby dort
43. Le prochain qui le réveille je l'étrippe, je ne l'aime que quand il dort
44. Non le 44 n'a pas autant de charme que le 33, vous ne pouvez pas comprendre
45. C'est bientôt l'anniversaire de beaucoup de monde
46. Je viens d'apprendre que 'voda' veut dire 'eau' en polonais
47. Entre voda et vodka, y'a qu'une lettre, si vous voyez ce que je veux dire...
48. Je vous offre l'heure : il est actuellement 15h41
49. Dans trois secondes je saute de joie

Voilà, et je ne tague PERSONNE, et je ne taguerai JAMAIS PLUS PERSONNE. Na.
Prévenus

# Posté le lundi 02 mars 2009 13:10

Modifié le samedi 10 octobre 2009 07:13

#1Tous contre les nains de jardin [ Chap. I ]Photo prise sur CarnetPhotosJennifer

#1Tous contre les nains de jardin [ Chap. I ]Photo prise sur CarnetPhotosJennifer
Sève passait ces journées à regarder par la fenêtre. Enfin, c'est ce que pensaient les gens, en fait, elle passait ses journées à rêver. Chaque fois qu'ils la voyaient, ils chuchotaient à l'oreille de celui ou celle avec qui ils étaient :
- Regarde, c'est celle qui s'ennuie tout le temps !
Ils la montraient du doigt et étouffaient parfois des rires. Sève avait appris à ignorer ces gens-là. Elle ne faisait plus attention à eux. Elle ne faisait plus attention à personne, d'ailleurs. Les seules personnes qui étaient encore plus ou moins naturelles avec elle étaient ses parents.
Cet après-midi-là, Sève avait décidé d'aller prendre l'air. Elle avait enfilé sa veste et était sortie de sa maison. Elle marchait, tranquillement, veillant bien à mettre un pied devant l'autre. Elle regardait tantôt les maisons sur le bord du trottoir de gauche, tantôt celles du trottoir de droite. Elles étaient toutes pareilles. Petites, mignonnes, en brique rouge, avec trois fenêtres sur la façade et un petit jardin devant. Tous ces petits jardins contenaient au moins trois nains de jardin, parfois plus. Sève détestait les nains de jardin, mais s'était habituée à leur présence, depuis le temps.
Les dalles du trottoir étaient irrégulières, mais Sève les connaissait tellement bien que ses pieds glissaient dessus avec une souplesse et une agilité extraordinaire. Cet après-midi-là, elle décida qu'elle allait aller plus loin. Elle voulait s'éloigner de sa maison, découvrir une nouvelle partie du quartier. Aussi, dès qu'elle le put, elle bifurqua à gauche. Elle marcha pendant cinquante mètres puis tourna à droite, en ayant l'impression d'être toujours au même endroit. A part les plaques des rues et les déchets par terre, tout était pareil que chez elle. Les mêmes jardins, avec les mêmes nains de jardins, et les mêmes petites maisons mignonnes en briques rouges avec trois fenêtres sur la façade. Déprimant.
Soudain, son regard fut attiré par un jardin qui, contrairement aux autres, n'était pas fait pour attirer l'attention. Il était simple, entretenu avec soin mais pas trop. Il n'avait pas de nains de jardins. Ce devait être le seul à des kilomètres à la ronde ! Sans réfléchir, Sève modifia sa trajectoire pour aller le voir de plus près.
Elle s'arrêta à cinq mètre. Elle venait d'apercevoir une silhouette, cachée entre les petits arbustes, qu'elle n'avait pas vue avant. La silhouette se retourna, des mauvaises herbes à la main, et sursauta en voyant Sève.
- Salut, dit-il tout doucement.
C'était un jeune homme. Il devait être un peu plus âgé que Sève. Celle-ci lui sourit timidement en s'approchant et en s'excusant :
- Je ne voulais pas te faire peur. Je me baladais dans le coin, et je trouvais ton jardin joli alors je suis venue voir de plus près.
Le garçon éclata de rire.
- Joli ?! La plupart de nos voisins nous en veulent à mort de ne pas le décorer. Mes parents et moi, on a horreur de tous ces petits bonshommes qui protègent soi-disant la maison. Au fait, je m'appelle Logan, et toi ?
- Sève.
- Joli nom, je ne l'avais jamais entendu, dit Logan, je vais jeter les mauvaises herbes, je reviens tout de suite.
Il tourna les talons et entra dans sa maison. Sève le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il disparaisse dans l'ombre de la demeurre. Elle s'assit sur les genoux face au petit jardinet et observa chaque plante. La plus proche d'elle était un rosier qui n'allait pas tarder à fleurir. Elle en mémorisa chaque feuille, chaque bourgeon, chaque branche. Elle s'amusa à inventer toutes les raisons pour lesquelles il aurait pu être planté là.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Logan qui venait de revenir.
Sève se retourna.
- Raconte-moi l'histoire du rosier.
Logan parut étonné. Il pinça les lèvres comme s'il s'empêchait de rire. Puis, doucement, il s'assit à côté de Sève.
- Il était là quand on est arrivé, dit-il, je ne connais pas son histoire. Tu te passionnes pour la botanique?
- Je vais te la raconter moi alors, déclara Sève sans répondre à la question, cet arbuste était au départ une petite graine. Elle était enfermée dans un sachet avec tous ses frères et soeurs. Et le reste de sa famille aussi. Un jour, un homme âgé d'une trentaine d'année, barbu jusqu'aux oreilles et qui portait des lunettes rondes, ouvrit le paquet. Tous les membres de la famille de la petite graine commencèrent à s'affoler, mais elle ne comprenait pas pourquoi. Elle essaya d'attraper des renseignements par-ci par-là, mais dans l'agitation générale, elle ne comprenait strictement rien. Alors, l'homme entra sa main dans le petit sachet et tortilla ses doigts pour attraper une graine. Toutes s'étaient raccrapotées au fond, ne voulant pas être prises, sauf la petite graine, qui ne savait pas. Le main de l'homme l'attrapa et elle sentit la panique monter en elle. Elle réussit finalement à garder son calme. Mais déjà, l'homme avait refermé le sachet et l'avait rangé. Il s'était approché du petit jardin devant sa maison et déposa la petite graine dans un petit trou qu'il recouvrit de terre. La petite graine était dans le noir. Elle se sentait seule. Alors, elle fit tout ce qu'elle put pour sortir. Elle s'allongea, utilisant tout ce qu'elle trouvait de comestible sous la terre pour grandir. Et un jour, elle revit le soleil. L'homme n'était plus là, mais une petite famille avait emménagé.
Elle regarda Logan.
- C'est toi, la famille.
Le garçon ne savait pas quoi dire. Il resta silencieux un moment puis, gêné par le silence, déclara :
- Tu racontes bien. Mais...Tu...Enfin, je veux dire, comment connais-tu cette histoire?
- Je l'ai inventée, rigola Sève. Il fallait bien, puisque tu ne l'as pas fait toi.
Brusquement, elle leva la tête vers le ciel. Logan imita son geste puis la regarda de nouveau.
- Il faut que je rentre, il fait presque noir, dit Sève, mes parents vont s'inquiéter.
Elle se retourna et s'éloigna en courant.
Logan resta assis un moment en observant son rosier. Il avait perçut une sorte de tension dans la voix de Sève. Sa dernière phrase sonnait faux. Ses parents n'allaient pas s'inquiéter, il y avait autre chose. Mais Logan ne savait pas quoi. Au bout d'un moment, sa mère apparut sur le pas de la porte pour le prévenir que le repas était prêt. Il rentra et alla s'installer à table, se jurant d'en apprendre plus sur cette étrange fille.

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Sève avait un mauvais préssentiment. Ce qui l'embêtait beaucoup étant donné qu'à chaque fois qu'elle en avait un, il s'avérait justifié.
Elle pressa encore le pas pour arriver chez elle. La lumière du soleil déclinait de plus en plus vite. Elle ne s'était pas rendue compte d'être allée si loin, et ne voulait pas que la nuit tombe quand elle se trouvait encore dans un endroit qu'elle ne connaissait pas bien. Elle poussa un soupir de soulagement lorsqu'elle déboucha sur la rue principale, d'où elle pouvait s'orienter les yeux fermés tellement elle la connaissait bien. Mais son mauvais préssentiment persistait. Il augmentait même au fur et à mesure qu'elle approchait de chez elle.
Quand Sève tourna le coin de sa rue, il faisait nuit noire. Elle approcha de la porte d'entrée, tourna la clef dans la serrure et ouvrit la porte. Toutes les lumières étaient éteintes.
- Maman ? Papa ? cria-t-elle.
Seul le vent qui frappait sur les vitres lui répondit. Elle referma la porte et avança à tâtons vers l'interrupteur. Une masse relativement molle la fit trébucher. Elle tomba la tête la première et se cogna le front, mais arriva néanmoins à se relever. Quand elle réussit enfin à allumer la lumière, la première chose qui lui sauta aux yeux fut la trace rouge vif laissée par ses doigts sur l'interrupteur. Elle regarda sa main. Elle était en sang. Elle baissa la tête vers son corps, qui était couverts de sang lui aussi. Ses yeux glissèrent de ses pieds vers le centre de la pièce, sur le sol. Là, au milieu, se tenaient deux corps humains immobiles et ensanglantés.
Sous le choc, Sève n'arriva même pas à crier. Elle resta immobile, presque aussi immobile que ses parents au milieu du salon.
- Maman...papa...
Ce n'était plus un appel mais un chuchotement. Un sanglot. Un adieu.

# Posté le jeudi 27 novembre 2008 12:30

Modifié le mardi 23 décembre 2008 16:11

#2 Première journée [ Chap. II ]

#2 Première journée [ Chap. II ]
Sève était perdue. Elle baignait dans un état de confusion qui la protégeait pour le moment de la crise de nerf qui paraissait cependant imminente. Elle n'arrivait plus à réfléchir. Elle ne savait pas quoi faire. Elle ne savait plus rien. La seule chose dont elle avait conscience et dont elle était sûre était celle-ci : ses parents étaient morts. Elle ne savait comment, ni pourquoi, mais le fait était là. Ses parents étaient morts.
Elle ne cessait de se répéter cette phrase dans sa tête. Elle la retourna dans tous les sens, comme pour y chercher un sens caché, mais cela ne changeait rien ; ses parents étaient morts.
La cloche de l'église sonna les douze coups de minuit. Ces mêmes douze coups qui rassuraient Sève encore la nuit précédente et qui la terrifiaient maintenant plus qu'autre chose.
Elle réalisa soudain que depuis qu'elle était rentrée, elle n'avait pas bougé. Lentement, elle fit le tour du salon en prenant le soin de garder les corps de ses parents à l'oeil et s'assit sur une chaise, près du téléphone. Le téléphone. Cet objet lui paraissait maintenant inutile. Tout lui paraissait inutile. Aussi, elle repoussa violemment la chaise sur laquelle elle était et se coucha par terre, sur le sol dur, se roula en chien de fusil et s'endormit.

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Logan se réveilla de bonne heure avec dans l'idée d'aller faire une petite promenade matinale avant que ses parents ne se réveillent. Il enfila un jean et un tee-shirt, passa un pull, laça ses basket et sortit de la maison. En tournant à droite après la haie qui séparait sa maison et celle de son voisin, il aperçut une sorte de boule de couvertures. Les couvertures s'écartèrent et la visage de Sève apparut. Ses yeux étaient rouges, comme si elle avait pleuré toute la nuit.
- Salut, fit-elle en essayant de se remémorer comment sourire, mais sa tentative donna une espèce de grimace crispée et elle abandonna.
- Ca va ? demanda Logan, inquiet.
- Oui. Non. J'avais envie de parler à quelqu'un. Ca ne te dérange pas ?
- Pas du tout ! s'écria Logan. Oh, tu aurais du sonner. Je suis désolé que tu aies attendu aussi longtemps. Viens, on peut marcher un petit peu.
Sève se releva et réajusta les couvertures autour d'elle. Logan remarqua tout de suite qu'elle n'était pas comme la veille, mais il n'osait pas lui poser de questions. Il ne voulait pas la forcer à parler si elle n'en avait pas envie. Il restèrent silencieux et marchèrent côte à côte pendant un moment.
Sève se demandait comment aborder le sujet. Elle avait pris, deux heures plus tôt lorsqu'elle s'était réveillée, la décision de parler à Logan, qu'elle considérait désormais comme son seul ami. Elle avait laissé les corps inanimés de ses parents chez elle. Elle n'avait pas appelé la police. Finalement, elle se décida à parler.
- Mes parents sont morts.
C'était direct. Elle se mordit les lèvres pour ne pas de nouveau éclater en sanglot en attendant la réaction de Logan.
Il s'était arrêté de marcher et l'observait, cherchant à capter son regard. Autant il s'attendait à ce qu'elle parle, autant la nouvelle le prit complètement au dépourvu. Il n'avait pas pensé à ça.
- Pardon ? demanda-t-il tout doucement.
Sève baissa les yeux.
- Tu ne me crois pas ?
Logan haussa les épaules, ne sachant que répondre. Et Sève ne put plus retenir ses larmes. Plus elle essayait de les cacher, plus il en coulait. Elles roulaient sur ses joues, carressaient son menton et allaient s'écraser sur ses pieds, plus d'un mètre plus bas.
Sans réfléchir, Logan la prit dans ses bras et la serra contre lui, mais en restant muet. Que pouvait-il dire? Murmurer des paroles apaisantes dans ce genre de situation ne réconforte pas du tout, mais au contraire, donne l'impression que l'on ne vous croit pas. Au bout de quelques minutes, il la lâcha et la regarda dans les yeux.
- Raconte-moi, maintenant.
Curiosité morbide ou non, Sève n'en savait rien mais elle raconta. Elle raconta tout, de la seconde où ils s'étaient quittés à celle où ils s'étaient retrouvés. Elle ouvrit son coeur, étala au grand jour ses inquiétudes et sa tristesse. Et sa colère aussi. Car en parlant, elle s'était rendue compte d'une chose qu'elle n'avait pas réaliser : Non seulement ses parents étaient morts, mais ils avaient été assassinés. Quand elle eut finit de raconter, Logan demanda :
- Et tu n'as pas appelé la police ?! (En insistant sur le mot "pas".)
- Non, répondit-elle simplement.
Logan secoua la tête, incrédule.
- Je peux venir chez toi ?
- Tu tiens tant que ça à voir des cadavres ensanglantés, ou s'est pour te vanter auprès de tes copains ? répliqua-t-elle d'un ton plat.
- Ni l'un, ni l'autre... C'est juste que j'aurais plus de facilités à te croire si je le voyais de mes propres yeux...Attends, ajouta-t-il en voyant le regard de Sève s'embuer, je n'ai pas dit que je ne te croyais pas. Juste que ça paraît un peu irréaliste, tu comprends.
- Oui. Je dois t'avouer que je n'y crois pas tout à fait non plus. Pas encore. Tu veux une visite guidée du lieu du meurtre maintenant ou plus tard ?

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Logan mangeait son petit déjeuner, attablé avec ses parents. Il avait répondu "Plus tard." à Sève. Ca lui faisait mal au coeur de la laisser tomber, même pour quelques heures, mais ses parents allaient s'inquiéter s'il ne rentrait pas. Il avait proposé à Sève de venir chez lui mais elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas que les parents de Logan la connaissent. Elle ne voulait pas être un poids pour eux. Et quand elle avait prit une décision, cette fille, on ne la faisait pas changer d'avis facilement. Elle avait convaincu Logan qu'elle se promènerait en l'attendant et il avait fini par céder. De toute façon, il n'avait pas tellement le choix.
Après avoir fini de manger, il commit l'erreur fatale pour alerter les parents : il se dépêcha. Prêt à sortir, la main sur la poignée de la porte, il fut arrêté par la voix de son père :
- Où cours-tu comme ça, gamin ?
Gamin. Non mais. Quinze ans et il était toujours un gamin, aux yeux de son père.
- J'ai rendez-vous. Avec une fille.
Logan ne savait pas mentir à ses parents. Deuxième erreur fatale : il n'aurait pas dû préciser "avec une fille". Son père le bombarada de questions, auxquelles il ne répondit pas.
- Elle est belle ? Elle s'appelle comment ? Elle a quel âge ? Elle est du quartier ? Tu la connais depuis longtemps ? C'est sérieux ?
- Je crois qu'elle m'attend, fit Logan.
Il sortit en vitesse.
Sève l'attendait, en effet, au même endroit que le matin.
- J'ai un énorme problème.
Logan l'interrogea du regard. Pour toute réponse, elle lui fit signe de la suivre. Elle marcha sans dire un mot, traversant les rues, longeant les trottoirs, tournant à gauche, à droite. Logan la suivait en silence, mémorisant le trajet qu'elle empruntait même s'il ne savait pas où elle l'emmenait.
A un moment, elle s'arrêta, se retourna pour vérifier que Logan était toujours là, et se faufila dans des buissons, sur le bord de la route. Logan la suivit.
- Mais où vas-tu ? ne put-il s'empêcher de demander.
Elle ne répondit pas. Elle avança, Logan sur ses talons, et s'arrêta à quelques centimètres de la fin du buisson, qui donnait sur une rue. Ils avaient traverser des jardins privés, comprit Logan.
- Regarde, lui chuchota-t-elle en montrant du doigt la coin de la rue, mais ne fais aucun bruit !
Elle se recula pour laisser la place à Logan. Il s'avança, et observa la maison du coin de la rue.
- De l'autre côté, le pressa Sève.
Il tourna la tête et sursauta en apercevant des voitures de police garées devant la maison, dont la porte était grande ouverte. Les policiers entraient et sortaient. Les voisins, attirés par l'agitation, observaient la scène sans oser approcher, certains de la rue, d'autre de leurs fenêtres.
- C'est chez toi ? demanda tout bas Logan.
Comme Sève ne répondait pas, il se retourna.
- Non, c'est chez mes parents. Moi je n'ai plus de maison.

# Posté le vendredi 05 décembre 2008 15:19

Modifié le mardi 23 décembre 2008 16:18

#3 Hôtel cinq étoiles, cette nuit [ Chap. III ]

#3 Hôtel cinq étoiles, cette nuit [ Chap. III ]
- Bon...Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Logan.
Sève réfléchit un instant.
- Toi, tu vas rentrer chez toi et m'oublier. Et moi...je vais me débrouiller.
Logan ne put retenir un petit rire.
- N'importe quoi. Viens, ajouta-t-il en la tirant à travers la haie.
Il l'entraîna dans les rues en empruntant le chemin qu'ils avaient pris pour venir. Quand Sève comprit où il l'emmenait, elle se dégagea violemment.
- Non !
- Pourquoi ?!
- J'ai dit non. Je ne veux pas connaître tes parents.
- Mais pourquoi ?
- Pourquoi quoi ? Il n'y a pas de réponses à tout dans la vie !
Elle se retourna et commença à marcher plus loin encore de chez elle. Logan hésita, puis la rattrapa en courant. Il s'apprêta à parler mais elle le devança :
- C'est très gentil de vouloir rester avec moi mais, tu comprends, je n'ai pas tellement envie de t'entraîner dans cette affaire et...
- Pourquoi me demandes-tu si je comprends? la coupa-t-il. D'ailleurs, je ne comprends pas. Mais ce n'est pas grave. Je veux rester avec toi, je ne veux pas te laisser toute seule. Et si tu insistes, je ne te présenterai pas à mes parents. D'accord ?
Sève haussa les épaules et continua à marcher. Après cinq minutes, Logan demanda :
- Je repose ma question de tout à l'heure : qu'est-ce qu'on fait ?
Sève ne répondit pas. Ils continuèrent à marcher, et ce n'est que quand ils débouchèrent sur l'autoroute qu'elle daigna ouvrir la bouche.
- J'étais en train de me demander où j'allais passer la nuit. Et avant que tu me le proposes, il est hors de question que je dorme chez toi.
- Je comprends, se moqua Logan. Ecoute, je sais pas... tu pourrais prévenir la police que...
- Non, le coupa-t-elle.
- Il faudra que tu m'expliques ce que tu as contre les flics, un jour.
- C'est très simple : Si je leur dit que je suis la fille des assassinés, je serai suspecte numéro un car je ne me suis pas présentée directement.
- Tu peux...
- Non.
- Mais écoute-moi ! s'énerva Logan.
Sève s'arrêta de marcher et le regarda, lui signifiant ainsi qu'elle l'écoutait. Il reprit la parole :
- Tu peux leur dire que tu étais sous le choc et que tu n'as pas pensé à les prévenir. Ca doit être courant, et ce n'est pas tout à fait faux non plus.
Sève haussa les épaules. Logan crut un instant qu'elle allait enfin suivre ses conseils mais elle reprit :
- J'irai pas. Et je dormirai dans la forêt.
Dans la forêt ? Logan avait-il bien entendu? Il secoua la tête, ce tic pour dégager ses cheveux du visage. Cette fille était décidément folle. Comme pour confirmer sa pensée, Sève s'encourut vers la forêt à côté de l'autoroute, abandonnant les couvertures qu'elle tenait jusqu'-là toujours serrées autour d'elle.
Logan s'élança derrière elle, sûr de pouvoir la rattraper, mais elle courait très vite. Arrivée à l'orée de la forêt, elle ne marqua aucune hésitation. Elle y pénétra comme si c'était sa maison et slaloma entre les arbres comme si elle y était née.
Logan perdait du terrain. Il était ralentit par les irrégularités du sol, les racines et les branches qui en sortaient, et les arbres qui surgissaient brusquement.
Soudain, il perdit Sève de vue. Il s'arrêta et regarda autour de lui. Il ne la voyait nulle part, et il n'y a avait aucune trace de pas qui lui permettaient de savoir dans quelle direction elle était allée.
- Sève ? cria-t-il.
Il tendit l'oreille mais n'entendit que le vent dans les branches et dans les feuilles d'arbres. Pas un signe de Sève. Il fit quelques pas en avant et s'arrêta de nouveau. Elle était partie. Après tout, pourquoi la suivait-il ? Il ne la connaissait que depuis deux jours et ne la comprenait pas du tout. Il n'avait qu'à repartir tranquillement et la laisser ici...
Logan écarquilla les yeux. Repartir tranquillement, donc. Oui, cela semblait être la bonne solution, mais, par où ? Il était complètement perdu. Lui qui c'était toujours vanté de son bon sens de l'orientation, il ne se repérait plus du tout. Il s'avança près d'un arbre et s'affala.
En entandant le vent dans les arbres et les chants lointains des oiseaux, il se dit que c'était une bonne chose, en quelque sorte, de ne pas pouvoir retrouver son chemin. Il ne pouvait pas abandonner Sève, aussi folle soit-elle, c'était son amie, désormais.
Logan sentit un liquide collant glisser dans son cou. Il l'essuya avec son doigt puis l'examina. C'était de la sève.
De la sève ?
- Non, je ne t'abandonnerai pas, Sève, chuchota-t-il sans savoir pourquoi.

• • •

Sève s'était arrêtée de courir au moment même où Logan avait arrêté de la suivre. Elles s'était retournée, consciente qu'il ne retrouverait pas son chemin tout seul, mais ne l'avait pas vu. Elle s'était mise à marcher, à droite, à gauche, ne sachant pas par où Logan était allé.
Sève adorait la forêt. Elle avait l'impression d'y être chez elle. C'est d'ailleurs pour ça qu'elle avait décidé d'y passer la nuit. Quoi de plus chic comme chambre quand on y est accueillie comme une reine ? Sève ne comprenait d'ailleurs pas d'où lui venait cette impression. Ces parents lui avaient souvent parlé d'un certain héritage, quand elle leur demandait pourquoi ils lui avaient donné ce prénom. Ils essayaient alors de lui expliquer, mais ils auraient pu être muets que Sève aurait mieux compris. Leur explication était si confuse qu'on aurait dit qu'ils le faisaient exprès. Tout ce que Sève avait fini par comprendre, après des années de décryptage de ces mystérieuses explications, c'était qu'elle avait un héritage biologique qui... C'est là que ça coinçait. C'était en rapport avec la nature, ça, elle en était certaine. Mais de là à comprendre de quoi il s'agissait, il y avait des années lumières de décryptage de messages codés.
Soudain, Sève entendit la voix de Logan.
- Non, je ne t'abandonnerai pas, Sève, chuchotait-il.
Sève se demanda brièvement pourquoi il disait ça - parlait-il tout seul ou devenait-il fou ? - et se dirigea dans la direction d'où venait la voix. Elle écarta des branches, traversa un buisson pour être sûre d'aller tout droit. Quand elle réussit à se dégager du buisson, elle leva les yeux et regarda. Elle le vit immédiatement. Il était assis contre un arbre. En la voyant arriver, Logan fit un grand sourire.
- Sèvy ! Où est-ce que t'étais passée ? Je t'ai cherchée pendant des heures.
Sève leva les yeux au ciel.
-D'abord, ça fait que cinq minutes, et ensuite, tu n'as pas l'air de me chercher très activement, là, rigola-t-elle.
Elle s'assit à côté de lui et leva un sourcil en apercevant la goutte de sève que Logan tenait toujours sur son index.
- Qu'est-ce que tu fais avec ça ?
- Je... Ca m'est tombé dessus, alors, je l'ai essuyé...
- Tu sais pourquoi mes parents m'ont appelée Sève ? l'interrompit-elle.
Logan secoua la tête de gauche à droite.
- Moi non plus, en fait. Enfin, pas vraiment. Mais je me suis inventée pleins d'histoires. Tu veux que je t'en raconte une ?
Logan se retint d'accepter de justesse. Il adorait les histoires, mais il avait d'abord quelques questions à poser à Sève.
- Pas tout de suite, répondit-il. Mais, sérieusement, tu compte vraiment dormir ici ?
- Ben oui.
- Très bien... Je reste avec toi, alors.
Sève éclata de rire. Quand elle se fut calmée, elle ferma les yeux et s'appuya sur l'épaule de Logan en lui demandant de se taire deux minutes, le temps qu'elle réfléchisse.
Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il lui propose ça. Autant elle était sûre de pouvoir survivre des semaines entières seule dans la forêt, autant elle doutait fort que ce soit le cas pour Logan. Mais s'ils étaient à deux, pourquoi pas? Pouvait-elle l'inviter à rester dormir chez elle ? Puisque la forêt était chez elle... Oui, pourquoi ne pourrait-elle pas inviter quelqu'un chez elle. Et pas n'importe quel quelqu'un : un ami. Ce qui faisait une énorme différence.
Elle rouvrit les yeux et se releva.
- Ok, si tu veux.

# Posté le vendredi 12 décembre 2008 06:27

Modifié le mercredi 24 décembre 2008 04:45